

Notre espion en tongs à Austin nous apprend que le musée d'histoire du Texas va consacrer une grande exposition à l'une de des séries télé préférées de notre enfance, particulièrement exotique dans la France de Mitterrand: Dallas!
J'ignore si cette expo va creuser l'un des aspects les plus intéressants de Dallas: son rôle dans le rejet du communisme en Europe de l'Est, particulièrement en Roumanie. A lire: cet article de Matt et Nick dans le Washington Post, How Dallas won the cold war, qui a déclenché l'ire de plusieurs Reaganiens dans les commentaires. Extrait du papier:
"Cette vision caricaturale de la libre-entreprise et du train de vie qui en découlait regorgeait de sexe et d'alcool, offrant un cocktail irrésistible aux Américains déprimés par la stagflation mais également aux téléspectateurs de la France à l'Union Soviétique en passant par la Roumanie de Ceaucescu.Dallas était bien plus qu'une série télé. C'était une force culturelle capable de changer l'atmosphère."
"It was the booze-and-sex-soaked caricature of free enterprise and executive lifestyles that proved irresistible not just to stagflation-weary Americans but viewers from France to the Soviet Union to Ceausescu's Romania."Dallas" wasn't simply a television show. It was an atmosphere-altering cultural force."
En Europe de l'Est, où plusieurs générations vivaient souvent sous le même toit dans les années 80, les fans de la série appréciaient de voir cette famille de rois du pétrole vivre dans la même maison (chose hautement improbable dans ce milieu aux Etats-Unis), diner ensemble et se mêler des affaires des uns et des autres. Le succès phénoménal de la série dans une centaine de pays reste sinon difficile à expliquer (le livre d'une chercheuse Néerlandaise, Watching Dallas, a tenté de percer le mystère et une anthropologue française a comparé Dallas à un poème d'Homère...)
Pour avoir redécouvert la première saison de la série, je trouve que Dallas résiste curieusement bien à la "revoyure" et reste étrangement captivante dans toute sa gloire kitsch. Au fil des ans, j'ai acquis l'avantage culturel douteux d'avoir à la fois visité le ranch de Southfork au Texas ET "Southforscu," en Roumanie, une réplique érigée par un mafieux inspiré par JR, dans une plaine perdue au milieu du pays. Ailleurs sur le Web:
J'avais manqué cet article de samedi dans Libération: Guillemette Faure, notre blogueuse française préférée, ex-new yorkaise désormais rapatriée rue 89 à Paris, fait l'objet d'un portrait bien croqué à l'occasion de la parution de son nouveau livre "Un bébé toute seule." Elle y raconte dans son style direct habituel ses tentatives pour concevoir un bébé dans une clinique de Manhattan.
Ici, aux Etats-Unis, les femmes célibataires (très rarement par choix, faut-il le préciser?) ont accès aux banques de sperme et à la procréation assistée, contrairement à la France où il faut être en couple hétérosexuel et où règne «un regard plus conservateur sur la famille, qu’on imagine toujours façon Ricoré» selon Guillemette. J'ai hâte de recevoir son livre, par voie d'Amazon France, et d'en reparler sur ce blog avec l'auteur.
Here in the U.S., single women (very rarely as a first choice, in case it's even worth mentioning) can access sperm banks and medically assisted procreation. That's not the case in France, where these methods are only available to heterosexual couples. In general, France has "a more conservative view on family, that people only envision like in a commercial for the breakfast drink Ricoré," according to Guillemette. I'm eager to receive her book by way of Amazon France, and to talk about it with the author on this very blog.
Crazy Days and Nigths, ce blogueur anonyme ultra-addictif de Los Angeles qui se présente comme un avocat des stars est en train d'étoffer sa rubrique "Scientologie" avec des articles fort intéressants sur la secte à Hollywood. Il renvoit notamment à Wikileaks, ce site collaboratif crée par des dissidents chinois. Il est devenu le point de rendez-vous de "whistle blowers" du monde entier, dont d'anciens membres de l'Eglise de Sciento qui s'en donnent à coeur joie pour exposer des documents confidentiels au grand jour. Bien entendu, attention aux faux. Ceci dit, c'est incroyable à quel point le mouvement des Anonymous a incité toutes sortes d'anciens de la secte à parler en public ou à publier des d'information inédites sur la Scientologie aux Etats-Unis ces quatre derniers mois.
+ retour à 2004: ma gaffe avec Tom Cruise.
Le site du Washington Post m'a demandé de réagir à l'article de l'écrivain Diane Johnson dans le journal de dimanche, The Dollar's Down. But We're Not Out, sur le drame des expatriés américains à Paris confrontés à la flambée de l'Euro face au Dollar.
L'auteur de romans à succès ("Une Américaine à Paris," adapté au cinéma sous le titre "Le Divorce") qui est, me dit-on, charmante dans la vie, a déclenché une bourrasque de commentaires fieleux sur le site du Post. Il faut dire que son timing ne pouvait être moins bon: le récit de ses douloureux sacrifices (fini les coûteuses bouteilles d'eau minérales à table dans les bistros parisiens; adieux voyages à San Francisco en classe affaires...) a peu ému à l'heure où Américains et Européens voient leur pouvoir d'achat érodé et redoutent carrément une dépression économique. Sa candeur de privilégiée m'a rappelée une autre Américaine à Paris, Susan Spano du Los Angeles Times, qui se faisait régulièrement tailler des costards sur le blog de la Française de coeur Amy Alkon (ci-dessus dans un supermarché parisien: photos Gregg Sutter).
Voici ma réponse (peut-être tout aussi détachée de la réalité française?): (Americans in Paris don't have it so bad.)
This successful author (her best-seller,"Le Divorce," was adapted into a movie) is a charming person in life, I'm told, but her column has unleashed a flurry of spiteful comments on the Post's website. It has to be said that her timing couldn't be worse: the details of her dolorous sacrifices (fini expensive bottles of mineral water to spritz up meals at Parisean bistros; adieux airfare in business class to San Francisco...) didn't exactly move many readers at a time when Americans, and Europeans for that matter, are seeing their purchasing power crumble and fear an upcoming economic depression. Diane Johnson's out-of-touch candor reminded me of another American in Paris, Susan Spano of the Los Angeles Times, who was regularly shred to pieces on the blog of our favorite Française de coeur Amy Alkon (fabulous as always above, shopping in a Parisean supermarket -- all photos by Gregg Sutter).
Here is my "rebuttal" (perhaps just as disconnected from the French reality?): (Americans in Paris don't have it so bad.)
Sur une recommandation de l'ami Jim Lowney: une analyse très drôle des publications financières américaines comme le Wall Street Journal, Forbes et Fortune qui succombent à la mode de la vidéo sur leurs sites web et accumulent les gaffes.

Félicitations Ken Layne! L'ami Ken vient d'acquérir le blog politique de légende Wonkette auprès de Nick Denton
Hasard: en vacances sur une île lointaine, j'ai lu hier le bouquin de Jessica Cutler, alias "Washingtonienne", la stagiaire désinhibée et passablement troublée du Capitole, entretenue par des vieux riches de Washington. Son blog avait alimenté le premier gros sex scandal sur Wonkette... devenue "Bloguette" dans ce "roman" à clef diablement divertissant et fort instructif pour tout(e) novice dans la capitale américaine. Et pas uniquement à cause de ce dont tout le monde se souvient: je n'avais jamais lu de compte-rendus aussi révélateurs sur le quotidien dans les bureaux des élus du Congrès.
Funny: while on vacation on a remote island, I just read "Washingtonienne," by Jessica Cutler, the uninhibited and slightly troubled Capitol intern who had a few friends-with-benefits relationships with rich old dudes in Washington. In 2004, her blog fueled the first big sex scandal on Wonkette... known as "Bloguette" in this very entertaining roman à clef that is a must-read for any novice in the American capital. Not only because of you-know-what: I had never read anything so revealing about the work life in congressional offices before.